Sa place dans la littérature turque

Kemal Bilbaşar est considéré comme l'un des meilleurs nouvellistes et romanciers de la littérature turque contemporaine. 

Behçet Necatigil 

Edebiyatimizda Isimler (Des Noms dans Notre Littérature), 1980:

"Bilbaşar place ses intrigues dans les petits bourgs Anatoliens. Les croyances, les traditions, les mœurs, les mentalités sont exposées avec une sensibilité traditionnelle, pendant que l'histoire se déroule entre les causes et les conséquences. Il poursuit avec beaucoup d'humour et de dur réalisme l'art du nouvelliste rural qui a commencé avec Refik Halit."

Tahir Alangu

Cumhuriyetten sonra Hikaye ve Roman (La Nouvelle et le Roman depuis la République), 1965:

"Kemal Bilbaşar est un de nos nouvellistes avant-garde.  Son art est descriptif, observateur, critique et réaliste.  De tous nos écrivains, Bilbasar est le seul à placer ses intrigues dans la plus grande variété d'environnements, et le seul à écrire dans la plus grande variété de styles. Les paysans des steppes Anatoliennes le visage tanné, le regard amer, cachés derrière leur silence, puits de rancœur des injustices sans fin, bouillonnants d'exaspération, remplissent ses œuvres. En pointant du doigt la déconfiture de l'ordre social, au lieu d'accuser quiconque, l'écrivain en retrace les causes jusqu'aux racines."

Doğan Hızlan

Hürriyet Gösteri (Magazine littéraire du quotidien Hürriyet), 1983:

"Du point de vue littéraire et sociologique, les œuvres de Bilbaşar apportent une contribution inestimable à la valorisation du facteur ‘petit bourg’ dans notre littérature. "

Olcay Önertay

Cumhuriyet Dönemi Türk Roman ve Öyküsü (Le Roman et La Nouvelle Turcs dans l'Ere Républicaine), 1984:

"Dans ses œuvres, Kemal Bilbasar s’est penché sur les problèmes  quotidiens du peuple tout en évoquant leurs traditions et leurs mœurs, souvent avec humour mais jamais déviant d'un réalisme socialiste. Il a préféré écrire sur les gens pauvres qui constituent une large majorité de notre société.  Il s'est exprimé dans une langue souvent colorée par des dialectes locaux, en utilisant des phrases courtes, et dans un style vif et clair."

Dogan Hizlan

Journal Hurriyet 2008:
"Il y a des écrivains dont les œuvres, par les témoignages qu’ils apportent, sont des sources inestimables non seulement pour l’histoire littéraire mais aussi pour l’histoire politique et sociale. Kemal Bilbasar arrive en tête de ces noms.
Il a écrit sur toutes les régions de Turquie,
n’a pas simplement donné un canevas réaliste de l’homme mais placé très
habilement une certaine ironie dans ses œuvres."

Yasar Aksoy

Journal Hurriyet 2008:

"Kemal Bilbasar est un des maîtres écrivains turcs qui a gagné le respect du pays en dévoilant dans ses romans le système d’exploitation des seigneurs, en critiquant dans ses nouvelles la structure socio-économique tordue de notre pays. ... Sans le lire, sans l’assimiler il serait réellement difficile de connaître notre pays."

Feridun Andaç

Site Edebiyathaber.net, 2015

"Le message essentiel d’un auteur comme Kemal Bilbasar est la nécessité de connaitre la société dans laquelle on vit, de comprendre les réalités de l’homme/la société et raconter le « comment » et le « pourquoi ». Selon lui, on ne peut pas vivre ni écrire sans connaitre l’homme et la société .
Il a la sensibilité et la conscience de raconter en profondeur un lieu, une personne. A tel point qu’un sujet qu’il développe, avec son style simple, réaliste, devient un visuel festif.
L’écrivain d’aujourd’hui n’écrirait surement pas comme lui mais doit absolument avoir lu ses œuvres pour écrire."

Caglayan Cevik 

Journal Hurriyet 2015:
"Bilbasar est un écrivain qui a une géographie très étendue : il raconte Karadeniz, la cote Égéene jusqu’à l’est, et le centre de l’Anatolie. Ce qu’il raconte est toujours la Turquie et la condition du peuple turc. Dans Yesil Golge, Bilbasar raconte les intrigues des représentants du pouvoir dans les petits bourgs, leurs agissements malpropres pour pouvoir rester en place jusqu’à pouvoir commettre des meurtres. Dans Irgatlarin Ofkesi il dévoile la souffrance d’abord des ouvriers puis des paysans qui reste inchangée depuis des années malgré le pouvoir populiste. Bedos parle d’Istanbul dans des années ´20. Zuhre Ninem décrit la vie des personnes des Balkans à la fin de l’Empire Ottoman. Ayin Tutuldugu Gece relate avec humour la transformation de la société turque après l’arrivée au pouvoir du Parti Démocrate."

Dogan Hizlan

Journal Hurriyet 2020:

"Un livre doit toujours porter certaines conditions pour sa lisibilité à travers le temps.. Le bourg est une entité sociale très importante pour moi. Situé entre le village et la ville,  il a acquis une identité propre.

Si vous voulez apprendre l'influence décisive du bourg dans la société et la Politique Turques, vous devriez lire Yesil Golge (l'Ombre Verte) de Bilbaşar. Je pense que ce roman est un guide pour analyser le mode de vie d'aujourd'hui, d'où viennent la Politique et les politiciens et ce qu'ils pensent."